Le réseau national inter- et transdisciplinaire promeut la connaissance et le discours sur le paysage et les processus de changement de paysage. Il s'est engagé dans des concepts de conception, de développement et de protection durables. Les Alpes, les parcs et les espaces protégés sont au cœur de ce forum.en plus

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Santée et paysage

Kernthema FoLAP: Gesundheit und Landschaft
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Comment préserver et aménager des paysages bénéfiques pour la santé physique et mentale sans altérer leur qualité ? Cette question concerne non seulement des évolutions démographiques, telles que le vieillissement de la population, mais aussi les attentes d’une société multiculturelle à l’égard du paysage.

Pour nous sentir bien et rester en bonne santé, nous avons besoin de lieux attrayants où il est possible de rencontrer d'autres personnes ; mais nous devons également pouvoir nous retirer au calme, dans un endroit propice au repos, à l'abri du bruit, sans odeurs gênantes ni éclairage permanent. Il nous faut également disposer de zones proches de la nature ou à caractère urbain qui invitent à l'exercice physique et au sport.
Un paysage varié, qui nous permet de satisfaire nos besoins en matière d'échanges sociaux, de détente et d'activité physique, contribue donc de manière significative à la santé publique et à l'égalité des chances au sein de la population. Il est donc important qu’il y ait, dans notre pays, des quartiers urbains bien conçus sur le plan architectural et – en dehors des villes – des espaces verts proches de l’état naturel qui permettent de jouir de la nature.

Les attentes à l’égard du paysage et de son utilisation changent ; elles ont même évolué plus vite pendant la pandémie. Il est difficile de prévoir comment les fêtes en forêt ou la tendance à pratiquer davantage d'activités de plein air se répercuteront à long terme sur la santé et le paysage. Il sera essentiel de créer et de préserver des espaces paysagers appropriés. Il faudra non seulement développer les instruments nécessaires en matière d'aménagement du territoire, mais aussi définir des règles pour éviter que le paysage subisse une pression trop forte du fait de son utilisation et qu’il se dégrade.

De nombreux éléments du paysage jouent également un rôle positif sur notre santé en éliminant des effets nocifs. Les arbres et les sols filtrent des polluants, les empêchant ainsi de pénétrer dans l'air ou dans l'eau. Une biodiversité riche peut également être bénéfique pour la santé – par exemple en fournissant des matières premières pour des médicaments ou en limitant la propagation d'organismes pathogènes.

Les qualités paysagères jouent également un rôle essentiel dans le contexte du réchauffement climatique : en offrant de l’ombre, les arbres et les parcs contribuent par exemple de manière décisive à rafraîchir les îlots de chaleur urbains.

La collaboration transversale entre les différentes autorités est indispensable pour prendre en compte l'impact du paysage sur la santé. En effet, la planification urbaine est autant concernée par cet aspect que l'aménagement du territoire et que l’organisation des transports, sans oublier l'économie énergétique, la production alimentaire, la protection de l'environnement, la santé publique et d'autres services encore. L’exemple de la mobilité illustre bien l'étroite imbrication de différents domaines politiques. D'une part, le trafic automobile privé émet des gaz d'échappement et des poussières fines, provoque du bruit, pollue les sols et les eaux par les résidus de l’abrasion des pneus et menace donc la santé de la population. D'autre part, de nombreuses personnes utilisent leur voiture pendant leurs loisirs pour se rendre à la campagne et se promener dans la verdure ou pour pratiquer une autre activité délassante. La contradiction entre l’aspiration à une détente bénéfique et une mobilité nuisible à la santé peut être levée en se tournant vers la mobilité douce : utiliser le vélo, c'est allier mobilité et forme physique.

Le fait que certaines influences environnementales, comme les polluants atmosphériques, peuvent rendre malade est médicalement prouvé. L'effet positif des qualités paysagères sur notre santé est en revanche beaucoup moins bien étudié ; le FoLAP constate donc un grand besoin de recherche à ce sujet. On ignore par exemple quelles caractéristiques du paysage perceptibles par les sens sont susceptibles d’améliorer la prévention en matière de santé et dans quelle mesure. On ne sait pas non plus si certaines d’entre elles ont un impact différent sur la santé de groupes de population distincts, tels que les enfants, les personnes âgées ou issues de l'immigration. L’importance pour la santé de modifications du paysage devrait également être examinée, de même que, pour certains groupes de population, les effets sanitaires de l’aliénation de leur relation à la nature.
Le FoLAP veut également être attentif aux conséquences paysagères de nouvelles tendances santé. Par exemple savoir si et comment des changements d'habitudes alimentaires pourraient se refléter dans le paysage. Ou quelles prestations paysagères seront davantage demandées si les aspects de santé prennent plus d’importance qu’auparavant dans la vie quotidienne des gens.

L'importance du paysage pour la santé humaine est reconnue et a sa place dans différentes stratégies politiques. Selon la Convention européenne du paysage, ce dernier constitue un élément clé du bien-être des individus et de la société.

La Conception « Paysage suisse » (CPS) précise pour sa part que l'attrait du paysage et la découverte de la nature motivent de nombreuses personnes à faire du sport et de l'exercice. La stratégie du Conseil fédéral en matière de politique de la santé demande également que les qualités de la nature et du paysage soient préservées, parce qu’elles contribuent à la promotion structurelle de la santé.

Équipe d’auteurs : Evelyn Coleman Brantschen (HAFL), Dominik Siegrist (Fachhochschule OST), Norman Backhaus (UZH).

Activités/projets/manifestations:

Entretien avec Sabina Ruff, responsable du bureau de conseil Laboratorium für Zukunftsgestaltung à Zurich.

Remarques : Le FoLAP a identifié dans les cinq sujets clés (santé et paysage, culture du paysage, modes de vie et paysage, protection du climat et paysage, relations spatiales) les plus importantes mesures à prendre en matière de développement durable du paysage. Pour promouvoir le discours politique et le processus de transformation de la société, il faut non seulement rassembler les connaissances existantes, mais aussi déployer des efforts de recherche supplémentaires et intensifier le dialogue entre la recherche et la pratique. Le FoLAP considère ces sujets clés comme une mission pour lui-même et sa communauté : ils sont donc sur l'agenda du FoLAP et constituent une invitation aux institutions et aux acteurs à s'engager activement dans ces domaines thématiques.. En savoir plus

Pertinence politique et économique et actualité du sujet

Convention européenne du paysage CEL : le paysage est un élément clé pour le bien-être des individus et de la société

Conception Paysage Suisse CPS : Santé, activité physique et sport : L’attractivité du paysage et l’expérience de la nature constituent pour une grande partie de la population une motivation très importante pour pratiquer un sport et avoir une activité physique.

  • Renforcer la coordination et la coopération entre la promotion de l’activité physique et du sport et la politique du paysage (objectif 3.A)
  • Promouvoir la santé dans les zones bâties et de loisir de proximité (objectif 3.B)
  • Encourager à adopter un comportement respectueux (Objectif 3.C)

Plan d’action Stratégie Biodiversité Suisse

Stratégie Santé du Conseil fédéral

  • Des qualités naturelles et paysagères élevées comme contribution à la promotion de la santé structurelle
  • Réduction des risques sanitaires environnementaux (RS 7.1)
  • Préservation et promotion des qualités de la nature et du paysage (RS 7.2)

Politique agricole de la Confédération

  • ValPar.CH - Valeurs de l’infrastructure écologique dans les parcs suisses (www.valpar.ch)
  • Monitoring socioculturel de la forêt en Suisse WaMos 3 (https://www.wsl.ch/de/projekte/wamos3.html)
  • Intergovernmental Science-Policy Platform on Biodiversity and Ecosystem Services (IBPES)

Questions importantes

  • Quelles caractéristiques physiques du paysage peuvent contribuer à la prévention/promotion et à l’amélioration de la santé (sur le plan thérapeutique) et dans quelle mesure ? Certaines caractéristiques du paysage ont-elles des effets différents sur la santé de divers groupes dans la société (jeunes, personnes âgées, personnes malades, familles avec enfants, personnes issues de l’immigration ou touchées par la pauvreté, etc.)
  • Quelles sont les répercussions des changements de paysage sur la santé ? Quelle est la contribution de la promotion de la biodiversité, de la diversité des paysages ou de l’aménagement paysager durable ?
  • Quels sont les liens entre le paysage et la biodiversité. Quelle influence peuvent-ils avoir sur la santé mentale, physique et sociale (mots clés : « co-bénéfices », effet de dilution, effet d’amplification, maladies infectieuses transmises par les animaux (zoonoses), maladies non transmissibles, approche One Health)
  • Quelles politiques et approches de gouvernance tiennent compte du paysage et de sa contribution à la réduction des risques sanitaires environnementaux ? Lesquels posent problème ? Quels modèles ou stratégies de développement spatial et régional contribuent à optimiser les effets des paysages sur la santé ? (Mot clé : accès aux paysages avec distance entre les zones d’habitation/de travail et les paysages intacts, comportement de mobilité, réseau de mobilité douce, offre de services de santé).
  • Existe-t-il des différences socioculturelles dans la perception et l’utilisation du paysage et, si oui, des effets différents du paysage sur la santé en découlent-ils ? Par exemple : Quelles répercussions le détachement à la nature de certaines parties de la société a-t-il sur leur santé ?
  • Quels types de paysages revêtent une importance particulière en période de crise sociale, notamment dans le contexte des modes de vie changeants ? Comment l’utilisation des différents types de paysage change-t-elle en temps de crise (par ex., la mobilité réduite en raison de restrictions de sortie) ?
  • Comment le comportement de la population et sa perception des paysages évoluent-ils pendant et après la crise du coronavirus (par ex., la perception des espaces quotidiens) ? Des effets durables peuvent-ils être détectés (en termes de fréquence/durée, mais aussi en termes de type, par ex. l’augmentation du repos individuel dans le paysage suite aux règles d’espacement) ? Quels enseignements peut-on en tirer ?
  • Quelles sont les répercussions de la pression accrue de l’utilisation en temps de crise sur le paysage et la qualité du paysage ? Quels sont les effets sur les habitats de la flore et de la faune et donc sur les effets de ces paysages sur la santé (par ex., paradoxe : la surutilisation nuit précisément aux zones du paysage qui sont pertinentes pour le repos/la santé) ?
  • Quelles stratégies doivent être mises en place pour minimiser ces effets (mots clés : aménagement du territoire, guidage des visiteurs) ?
  • Quelle est la contribution (monétaire) de la promotion de la biodiversité, de la diversité et de la qualité des paysages sur la réduction des coûts de santé ?
  • Quelle contribution les paysages peuvent-ils avoir sur la santé ? Comment l’importance accrue accordée aux aspects sanitaires modifie-t-elle la demande de services paysagers ?
  • Quel est le potentiel de valorisation des services de santé du paysage (par ex., dans les parcs) ?

Comment les tendances en matière d’alimentation et de santé affectent-elles la diversité et la qualité des paysages ?

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